La Pogne de Romans
La Pogne de Romans est bien plus qu’une simple brioche en forme de couronne : c’est un véritable monument de la gastronomie drômoise, dont les origines remontent au Moyen Âge. À l’époque, le mot « pogne » dérivait du latin pugna, signifiant « poing » — car la pâte était façonnée à la main, en la frappant vigoureusement. On la préparait essentiellement pour Pâques, avec les œufs accumulés pendant le Carême, période où leur consommation était interdite. C’était alors une pâtisserie festive, que l’on offrait ou partageait en famille.
Dès le XVe siècle, des écrits mentionnent la pogne dans la région de Romans-sur-Isère, et au fil du temps, elle s’est imposée comme une spécialité locale. On la reconnaît à sa forme ronde trouée au centre, sa mie moelleuse, et surtout à son parfum délicat d’eau de fleur d’oranger, parfois rehaussé de rhum ou de zestes d’agrumes. Son élaboration demande patience et savoir-faire : une vraie pâte à brioche beurrée, levée longuement, puis dorée à l’œuf avant cuisson.
Aujourd’hui encore, la Pogne de Romans est un emblème du patrimoine gourmand du Dauphiné. Elle est protégée par une Indication Géographique Protégée (IGP) et célébrée chaque année lors de la fête de la pogne à Romans. Elle incarne l’esprit des traditions boulangères françaises : simple, généreuse, profondément enracinée dans son terroir — et toujours délicieusement parfumée.