Tourte de meule
La Tourte de Meule trouve ses racines dans les traditions boulangères paysannes de l’Ancien Régime, à une époque où le pain constituait la base essentielle de l’alimentation quotidienne. Elle tire son nom de la farine de meule, c’est-à-dire une farine moulue à l’ancienne, sur meule de pierre, un procédé lent qui préserve les nutriments du grain, le germe, et surtout toute la richesse aromatique du blé. Contrairement aux farines industrielles raffinées, la farine de meule conserve une légère part d’enveloppes, donnant à la tourte une mie dense, légèrement grise, au goût plus prononcé de céréales. Ce pain était particulièrement répandu dans les campagnes françaises, notamment dans le Massif Central, les Cévennes, la Bourgogne et l’Auvergne, où il se cuisinait dans les fours à bois une fois par semaine, et se conservait plusieurs jours. La tourte se présente en général sous la forme d’un pain rond à croûte épaisse, parfois très foncée, avec un grignage en croix ou en étoile. Ce type de pain rustique, souvent réalisé avec du levain naturel, revient aujourd’hui sur les étals des artisans boulangers attachés au pain vivant, à fermentation lente, et respectueux des techniques ancestrales. Il symbolise à la fois le retour à l’authenticité et la valorisation du patrimoine meunier français.